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Négociations salariales 2017: faible marge de manœuvre pour nombre de banques en matière de hausses salariales

QUESTIONS SALARIALES - 15.10.2016 - FOCUS

Dans un contexte toujours éprouvant pour les banques, la marge de manœuvre de beaucoup d’établissements sera probablement limitée pour les négociations salariales 2017. Priorité sera en revanche donnée à la préservation des emplois.

Alors qu’un tableau mitigé s’esquisse pour l’évolution économique mondiale en 2017 avec une croissance globalement modérée, les pronostics concernant la Suisse sont prudemment positifs pour 2017 suite à une nette embellie conjoncturelle au deuxième trimestre 2016. Plusieurs indicateurs de confiance font état d’une lente assimilation de la vigueur du franc, même si celle-ci reste un défi majeur pour maintes entreprises. La pression accrue sur les marges liée à la situation monétaire et les baisses de coûts en résultant restreignent la marge de manœuvre des entreprises.

Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) table pour 2017 sur une croissance économique de 1,8%, sachant que ces prévisions sont assorties de risques et d’incertitudes quant à l’évolution des événements à l’étranger, notamment pour ce qui touche aux conséquences encore floues de la victoire du Brexit. En Suisse, les banques seront à nouveau confrontées l’année prochaine à des enjeux de taille: franc fort, pression persistante sur les marges, coûts réglementaires élevés, renchérissement des investissements dans les nouvelles technologies, conditions cadres malmenées par les évolutions internationales et poursuite des mutations structurelles.

Au vu de ce contexte difficile, bien des banques ne disposeront sans doute que d’une marge de manœuvre réduite en matière de négociations salariales. Priorité sera par contre donnée à la préservation des emplois. Une enquête menée en septembre 2016 auprès des établissements représentés au sein du Comité directeur d’Employeurs Banques révèle que les banques rejettent les hausses salariales générales telles qu’elles ont été pratiquées par le passé et prévoient des augmentations individuelles comprises au total entre 0,25% et 0,5%.

Ces indications ne constituent en aucun cas une recommandation d’Employeurs Banques, mais simplement le résultat d’un sondage. Il n’y a pas dans le secteur bancaire de négociations salariales entre les partenaires sociaux, exception faite de celles portant sur le salaire minimum. Les négociations salariales sont conduites au sein des banques, le cas échéant avec la participation des organes de représentation des employés.

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Les collaborateurs seniors sont indispensables aux banques

MAIN D'OEUVRE - 20.3.2016 - FOCUS

Pour une meilleure utilisation des ressources nationales, il convient de prendre des mesures visant à prolonger le maintien des collaborateurs qualifiés dans la vie active. Les banques suisses contribuent d’ores et déjà de façon significative à ce objectif.

Selon l’étude de 2014 de Seco «Fachkräftemangel in der Schweiz» (la pénurie de personnel qualifié en Suisse), les métiers de la Banque sont autant touchés par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée que les autres professions, voire même davantage. Selon le Moniteur Employeurs Banques 2015, plus de trois quarts des banques en Suisse sont affectées par le manque de personnel qualifié. Près de 65% des entreprises du secteur des banques et des assurances ont de sérieuses difficultés à recruter du personnel qualifié et se voient contraintes de recruter des collaborateurs à l’étranger.

Une spécialisation croissante des métiers de la Banque

Dans le sondage d’Employeurs Banques, la principale raison avancée pour le recrutement d’étrangers est le nombre insuffisant de collaborateurs qualifiés suisses disponibles et le besoin d’équipes composées de collaborateurs internationaux. Le salaire ne joue qu’un rôle négligeable. Le besoin de collaborateurs étrangers restera élevé dans un avenir proche et devrait s’intensifier à moyen et long terme, car le profil professionnel du banquier deviendra toujours plus spécialisé.

Malgré la grande importance des collaborateurs étrangers, les banques s’efforcent de ne pas les recruter au détriment de la main-d’œuvre suisse. Cela se reflète d’une part dans le taux de chômage constamment faible et le nombre élevé de postes vacants. Par ailleurs, la part d’étrangers dans les banques a reculé globalement de 3 points de pourcentage depuis 2011, contrairement à l’évolution générale en Suisse.

Renforcement du vivier de main d’œuvre nationale

A la suite de l’adoption de l’initiative contre l’immigration massive, on a vu s’affirmer la volonté de mieux tirer parti du vivier de main d’œuvre qualifiée nationale. Les banques n’ont pas seulement mis l’accent sur la promotion de la relève et la féminisation du personnel, mais aussi sur le maintien prolongé des travailleurs seniors et qualifiés dans la vie active. Leur expertise et leur savoir-faire sont indispensables aux entreprises.

Dans certaines banques, l’effectif des collaborateurs seniors (50 ans et plus) a même progressé ces dernières années - notamment grâce à un investissement continu dans cette génération via la formation et le développement. La richesse et la diversité des collaborateurs, qui possèdent différentes compétences, perspectives, connaissances et expériences, permettent aux banques d’une part, de mieux comprendre les besoins des clients, les spécificités culturelles et les marchés régionaux, et d’autre part, de créer de nouvelles opportunités commerciales.

Des cadres formés spécifiquement

Pour la plupart des banques, la planification stratégique du personnel est un outil central qui leur permet d’identifier les futurs besoins en matière de personnel et d’agir rapidement en prenant les mesures adéquates. La majorité des banques forment leurs cadres sur la tenue d’entretiens d’évaluation annuels pour la planification du développement des collaborateurs, ce qui englobe également des questions telles que les possibilités de départ en retraite et l’apprentissage tout au long de la vie. Certaines banques proposent également des séminaires à leurs collaborateurs à partir d’un certain âge.

De nombreux salariés du secteur bancaire ont la possibilité de réduire leur taux d’occupation à partir de 58 ans ou plus. Cela permet à la personne concernée de se préparer à la retraite. Parallèlement, il est possible pour la relève ou pour l’équipe d’assimiler en temps opportun l’expertise de cette personne.  Une petite partie des collaborateurs seniors utilise le régime d’une retraite partielle ou d’une réduction du taux d’occupation avec, par exemple, une assurance 100% dans la caisse de pension.

Coaching mutuel intergénérationnel

Près d’un tiers des banques encourage d’ores et déjà le maintien en fonction de leurs collaborateurs au-delà de l’âge de la retraite. La mise en place de nouveaux modèles de travail et la mise en avant des possibilités de développement permettent de conserver les bons collaborateurs. Les initiatives des banques englobent notamment des modules sur le bilan de compétences, l’auto-marketing, les réseaux (sociaux), l’apprentissage de langues étrangères et le développement des compétences technologiques.

Cela peut avoir lieu, par exemple, dans le cadre d’un mentorat mutuel intergénérationnel: ainsi, un représentant de la génération du baby-boom coache un représentant de la génération Y - et vice-versa, par exemple en matière de nouvelles technologies. Certains instituts ont également lancé des programmes dont l’objectif consiste à retrouver des professionnels de talent et à faciliter leur réinsertion dans le métier.

Réforme appropriée de la prévoyance vieillesse

L’évolution démographique représente un défi majeur pour toutes les banques:  elles ne peuvent pas se permettre, à l’avenir, de renoncer à des collaborateurs seniors qualifiés ni à leur expertise.  Comme le montre le Moniteur Employeur Banques 2015, l’enjeu central pour les banques suisses, en matière de politique intérieure, porte sur la réforme du régime de retraite. A cet égard, les responsables du personnel interrogés considèrent l’assouplissement de la transition vers le système de retraite comme la priorité absolue - près de la moitié pourrait envisager dans la foulée d’employer davantage de collaborateurs seniors.

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Les nouvelles règles de saisie du temps de travail produisent leurs effets

SAISIE DU TEMPS DE TRAVAIL - 20.3.2016 - FOCUS

En place depuis début 2016, les modalités d'allègement des formalités administratives relatives à la saisie du temps de travail commencent à porter leurs fruits. Le secteur bancaire appelle à faire preuve de simplicité et de pragmatisme dans l'application des nouvelles dispositions.

Un sondage représentatif réalisé auprès des responsables du personnel des banques suisses dans le cadre du Moniteur Employeurs Banques 2015 révèle qu'outre la pénurie de personnel qualifié, le poids des dépenses et la spécialisation croissante du secteur financier, le défi majeur auquel les banques sont confrontées en tant qu'employeurs réside dans le foisonnement réglementaire. Mieux, au-delà du nombre sans cesse plus élevé de directives et des incertitudes qui en résultent en matière de planification, l'une des principales sources d'inquiétude de la place bancaire et financière suisse n'est autre que le renforcement de la saisie du temps de travail (p. 43). 

En janvier 2016, Michael Beckmann, professeur à l'Université de Bâle, a publié sur «IZA World of Labor», une plate-forme mondialement connue dédiée aux problématiques liées au marché du travail, diverses études scientifiques sur la saisie du temps de travail fondée sur la confiance. Avec son équipe, il y démontre pour la première fois qu'une grande autonomie conférée à l'employé en matière d'horaires de travail a pour mérite d'améliorer à la fois ses performances personnelles et celles de l'entreprise sans qu'il en résulte pour autant de quelconques effets néfastes en termes de surmenage ou d'épuisement. De quoi ébranler sérieusement la thèse axée sur la nécessité de saisir le temps de travail, puisqu'aucun lien de cause à effet ne saurait être établi entre la renonciation à la saisie du temps de travail et les répercussions sur l'état de santé des employés.

La pointeuse relevée de ses fonctions

Ces conclusions recoupent pleinement les expériences engrangées par les banques affiliées à Employeurs Banques: la pointeuse appartient résolument au passé et n'a plus sa place dans le monde moderne du travail. D'autant qu'elle ne stimule pas la motivation des employés, pas plus d'ailleurs qu'elle n'encourage leur esprit d'initiative. Aussi a-t-elle été, depuis longtemps et dans bien des pans de l'économie, remplacée par une culture d'entreprise fondée sur la confiance, seule à même de favoriser l'esprit d'entreprise des employés et de développer leur sens des responsabilités. Reste que le droit du travail suisse impose toujours une saisie obligatoire du temps de travail à la minute près. Une obligation qui ne date pas du début de cette année, comme on a pu le lire – à tort – ici ou là.

La nouveauté réside en revanche en ce que le 1er janvier 2016, le Conseil fédéral a fait entrer en vigueur une ordonnance sur l'enregistrement de la durée du travail, qui prévoit un certain nombre d'allègements pour les entreprises. Concrètement, les entreprises assujetties à une convention collective de travail (CCT) pourront renoncer à enregistrer la durée du travail des employés disposant d'une grande autonomie en matière d'horaires de travail (min. 50%) et percevant un salaire annuel supérieur à 120 000 francs. En outre, les collaborateurs qui aménagent eux-mêmes en grande partie leur temps de travail (25% du temps de travail librement déterminé) bénéficieront d'un mode d'enregistrement simplifié de la durée du travail sous la forme d'un total journalier. Ce dispositif ne requiert aucune CCT mais impose toutefois une convention entre représentants du patronat et représentants des employés (sachant que les entreprises de moins de 50 employés peuvent s'en tenir à la signature d'accords individuels).

Une solution dédiée aux banques et aux sociétés financières

Dans l'ensemble, les partenaires sociaux du secteur bancaire se sont félicités de la solution proposée par le Conseil fédéral et ont, dès le mois de juin dernier, adopté une Convention sur la saisie du temps de travail (CSTT), qui en découle directement. La CSTT constitue une annexe à la Convention relative aux conditions de travail du personnel bancaire (CPB), autrement dit la convention collective de travail du secteur bancaire et financier. Elle est entrée en vigueur début 2016. Outre la possibilité de renoncer à la saisie du temps de travail pour les employés disposant d’une grande autonomie en matière d’horaires de travail et touchant un salaire annuel supérieur ou égal à 120 000 francs (hors éléments de salaires variables), la convention définit également les conditions d'une saisie simplifiée pour les autres employés fixant eux-mêmes dans une certaine mesure leur temps de travail.

La CSTT contient par ailleurs toute une série de mesures d'information et de prévention sur la protection de la santé, destinées aussi bien aux employés qu'à leurs supérieurs hiérarchiques. Parmi ces mesures, prescrites par les nouvelles dispositions de l'ordonnance, figurent notamment une fiche d'information à l'intention des collaborateurs, de même qu'un site web qui proposera dès le printemps 2016 des informations sur la protection de la santé, et un questionnaire anonyme sur les facteurs de stress psychosociaux. Les travaux en la matière sont menés conjointement avec les banques et avec le concours d'un expert indépendant. Une commission paritaire, déjà constituée, contrôlera les mesures relatives à la protection de la santé et surveillera la bonne exécution de la convention.

Une convention applicable même sans assujettissement à la CCT

Avec la CSTT, les partenaires sociaux du secteur bancaire prouvent qu'employeurs et employés peuvent s'entendre sur une solution moderne, pragmatique et parfaitement adaptée aux spécificités de la branche en matière de saisie du temps de travail. La CSTT s'applique automatiquement à toutes les sociétés de services bancaires et financiers assujetties à la CPB, mais ces dernières peuvent aussi choisir d'appliquer la CSTT sans être assujetties à la CPB. Dans ce cas, elles doivent obligatoirement s'affilier à Employeurs Banques.

Reste que les mesures adoptées par le Conseil fédéral en matière de saisie du temps de travail sont loin d'imprimer l'élan décisif qu'attendent les milieux économiques afin d'alléger véritablement les formalités administratives. Employeurs Banques n'envisage dès lors la révision de l'ordonnance que comme une étape intermédiaire, visant à fournir à bon nombre d'entreprises et de secteurs une solution concrète, facile à mettre en œuvre, mais transitoire. Employeurs Banques saluera donc dans un second temps toute initiative législative destinée à moderniser et simplifier véritablement la loi sur le travail.

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La Convention sur la saisie du temps de travail entrera en vigueur le 1er janvier 2016

SAISIE DU TEMPS DE TRAVAIL - 31.12.2015 - FOCUS

La révision de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail a introduit des simplifications dans la saisie du temps de travail.  Employeurs Banques a négocié la Convention sur la saisie du temps de travail (CSTT), qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016.

Les collaborateurs dont le revenu annuel est supérieur à 120 000 francs peuvent désormais renoncer à la saisie du temps de travail s’ils disposent d’une grande autonomie dans leur travail. Mais renoncer à la saisie du temps de travail n’est autorisé que dans les entreprises assujetties à une convention collective. Employeurs Banques a donc négocié la Convention sur la saisie du temps de travail (CSTT), qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016.

Les nouvelles dispositions de l’ordonnance prévoient également des allègements pour les collaborateurs qui gagnent moins de 120 000 francs, mais disposent cependant d’une certaine autonomie. Ils peuvent se limiter à une saisie du temps simplifiée qui reprend uniquement le temps de travail total de la journée. La mise en place de cet allègement peut faire l’objet d’une convention avec la représentation des employés. Mais Employeurs Banques l’a également négocié dans le cadre de la CSTT. Les banques qui appliquent la CSTT peuvent donc mettre en place la saisie simplifiée sans convention supplémentaire avec la représentation des employés.

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